QUAND LE CORPS SE SOUVIENT

Voilà des années que vous traînez cette douleur. Comme dans la chanson, elle s’en va et elle revient, sans que vous sachiez pourquoi. Sans que les médecins puissent véritablement la soigner. C’est fatiguant mais à la longue vous vous y êtes habitués…

Et bien j’ai découvert un livre génial, L’étonnante mémoire du corps, écrit par Jean-Pierre Aubry, kiné et ostéopathe, qui nous explique que ces douleurs peuvent être liées à des traumatismes très anciens. Tellement anciens qu’on les a oubliés, d’autant qu’ils étaient visiblement sans gravité. Mais le corps, lui, les a enregistrés. Il les a inscrits dans ses fascias.

QU’EST CE QU’UN FASCIA ?

Les fascias (également appelés tissus conjonctifs) constituent l’ensemble des tissus qui enveloppent les structures du corps (muscles, os, vaisseaux, organes…). D’apparence blanche et nacrée, ils ressemblent un peu à une grande toile d’araignée.

Ils sont constitués d’un maillage de fibres faites de collagène, d’élastine et de réticuline. La substance fondamentale (composée essentiellement d’eau, de protéines et de sels minéraux) est une sorte de gelée enduisant ces tissus et contribuant à leur fluidité. Les fascias forment une gaine de protection pour chaque structure qu’ils englobent, reliant tous les parties du corps entre elles

Pour plus d’infos sur les fascias, je vous recommande vivement ce documentaire passionnant d’Arte.

APRES LE CHOC

A la suite d’un choc violent (qui peut toutefois paraître sans gravité, comme une chute banale), notre corps met en place une série de mécanismes de protection. On observe notamment, dans les 30 minutes qui suivent le traumatisme, que le tissu conjonctif va se modifier autour de la zone touchée. La production du collagène augmente, des fibres nouvelles se développent de manière apparemment anarchique, la substance fondamentale s’épaissit.

Ainsi, une sorte de manchon fibreux se crée pour protéger la zone endommagée et lui permettre de se remettre tranquillement. Il restera en place et continuera même d’évoluer tant que les conditions nécessaires au retour à la normale ne seront pas réunies.

L’INSCRIPTION DANS LE CORPS

Et c’est bien le problème. Très souvent nous reprenons trop vite une activité, parce qu’on a l’impression que tout va bien. Ou juste parce qu’on n’a pas le choix. Le corps, par réflexe de protection, va alors augmenter les tensions musculaires autour de la zone. De même, les fibres conjonctives vont se densifier encore. La région se fibrose peu à peu et perd de sa souplesse.

Au fil du temps, cette raideur empêche le sang de bien circuler dans les muscles atteints. Ils sont donc bien moins oxygénés. L’acide lactique s’accumule également sans pouvoir être bien drainer. La douleur apparaît.

Ces densifications tissulaires peuvent aussi être à l’origine de fatigues incompréhensibles et persistantes car elles consomment beaucoup d’oxygène et créent ainsi une grande perte d’énergie.

LA MEMOIRE DU CORPS

Or, tous les fascias sont reliés entre eux. Ils ne forment en fait qu’un seul grand maillage à travers le corps. Si une maille est sous tension quelque part, tout le réseau va être déséquilibré. Au fil du temps, les contractures musculaires, provoquent des compensations ailleurs, qui elles mêmes jouent sur une autre zone du maillage et ainsi de suite.

Une blessure oubliée depuis des années pourra donc, sans que l’on s’en rende compte, provoquer l’apparition d’arthrose, accentuer des problèmes vertébraux type scoliose ou cyphose, jouer sur le nerf vague ou encore créer des perturbations au niveau de certains vaisseaux sanguins.

Heureusement, même si le corps a bonne mémoire, il sait ne pas être rancunier. Ostéopathie, massages, homéopathie, techniques respiratoires, amélioration de l’hygiène de vie pourront lui faire oublier ces vieilles blessures.

Lisez le livre et vous saurez !

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